Gendarmerie femme : tout savoir sur leur place et leur carrière
Temps de lecture : 3 minutes
Auteur : l'équipe rédaction du site devenir-gendarme.com
Aujourd'hui, la présence d'une femme gendarme au sein des unités est devenue une réalité quotidienne et essentielle. La gendarmerie nationale est l'une des armées les plus féminisées de France. Qu'il s'agisse de missions de terrain, d'unités d'élite ou de postes de commandement, les femmes occupent désormais tous les types de fonctions.
Cette page vous explique l'évolution historique, les conditions de recrutement comme la taille minimum de la femme en gendarmerie, la composition de l'uniforme femme en gendarmerie et les statistiques actuelles au sein de l'institution.
La première femme en gendarmerie : Madame Marie Charpentier
Lorsque l'on parle de l'intégration des femmes, on pense souvent aux années 1970 ou 1980. Pourtant, la première femme en gendarmerie est apparue bien plus tôt, lors de la Révolution française.
Il s'agit d'un personnage d'exception que l'on a souvent tendance à oublier : la citoyenne Marie Charpentier. Née le 3 septembre 1751, elle est devenue gendarme le 27 juin 1794. Elle servait au dépôt de la 35ᵉ division de gendarmerie à Paris. Son parcours est incroyable et lui a valu la médaille des « Vainqueurs de la Bastille ». Cette décoration prestigieuse, créée en 1792, autorisait ceux qui la portaient à intégrer cette division de gendarmerie spécifique.
Marie Charpentier fut la seule femme à recevoir cette médaille de reconnaissance de la patrie en 1790. Elle s'était distinguée par un « grand courage » lors de la prise de la Bastille, où elle fut même estropiée. Pour cet acte de bravoure, elle bénéficiait d'une pension. Bien qu'elle soit la véritable première femme en gendarmerie de l'histoire de France, elle fut contrainte de quitter le service en 1796. À l'époque, les autorités estimaient que, « vu son sexe », elle n'était pas propre au service de guerre. Grâce à elle, nous pouvons mesurer aujourd'hui tout le chemin parcouru par les femmes dans la gendarmerie nationale.
Médaille vainqueurs de la Bastille
Le tournant : 1983 et l’ouverture des concours
Après cette parenthèse révolutionnaire, il a fallu attendre près de deux siècles pour que les femmes retrouvent une place officielle sous l'uniforme. Le véritable tournant se situe en 1983.
C'est cette année-là qu'un décret autorise enfin les femmes à accéder aux corps des sous-officiers et des officiers de gendarmerie. Avant cela, elles ne pouvaient occuper que des postes administratifs ou techniques, sans porter l'uniforme de combat ou effectuer des missions de police judiciaire sur le terrain. Depuis 40 ans, les barrières sont tombées une à une, permettant une mixité totale dans toutes les subdivisions d'arme : gendarmerie départementale, mobile, maritime ou encore aérienne.
Le pourcentage de femmes dans la gendarmerie aujourd’hui
La gendarmerie nationale a fourni des efforts considérables pour favoriser l'égalité professionnelle. Aujourd'hui, la présence des femmes dans la gendarmerie s'élève à environ 21 % à 22 % de l'effectif total. Cela représente plus de 20 000 femmes sur un total de près de 100 000 militaires.
Ce chiffre est en constante progression. Chez les gendarmes adjoints volontaires (GAV), la proportion est encore plus élevée, dépassant parfois les 30 %. Cela montre que les métiers de la sécurité attirent de plus en plus de jeunes femmes dès le début de leur parcours professionnel.
Devenir femme général en gendarmerie
L'évolution de la hiérarchie montre que le « plafond de verre » a été brisé. Le grade de femme général en gendarmerie est désormais une réalité au sommet de l'institution.
En 2013, Isabelle Guion de Méritens est entrée dans l'histoire en devenant la première femme nommée général de brigade.
Elle a ensuite gravi les échelons pour devenir général de corps d'armée. Son parcours exemplaire (première femme à intégrer l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale (EOGN) en 1987) a ouvert la voie à d'autres officières de talent.
Aujourd'hui, plusieurs femmes occupent des postes de commandement de haut niveau, dirigeant des régions entières ou des services centraux à la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN). Elles gèrent des budgets, des stratégies de sécurité publique et des milliers de personnels avec une autorité respectée.
La féminisation au sein de l’élite : quel nombre de femmes au GIGN ?
Le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) est l'unité d'élite par excellence. C'est un milieu extrêmement exigeant où la sélection est basée sur des critères physiques et psychologiques très stricts.
Concernant les effectifs, on compte actuellement 944 personnes au GIGN, dont 51 femmes. Ce nombre de femme au GIGN montre qu'elles représentent environ 5,4 % de l'unité. Elles occupent des postes variés et essentiels :
- Le soutien opérationnel : incluant la médecine d'urgence, la logistique et la technique.
- La négociation : un domaine où l'expertise féminine est souvent mise en avant pour désamorcer des situations de crise.
- L'observation et la recherche : des missions de renseignement et de filature où la discrétion est primordiale.
- L'intervention : depuis 2022, la force d'intervention (l'assaut) compte une femme dans ses rangs, prouvant que les épreuves les plus dures sont accessibles aux candidates les plus entraînées.

Les conditions de recrutement : la taille minimum
Pendant longtemps, il existait une taille minimum pour pouvoir passer les concours. Elle était fixée à 1,60 m.
Cependant, cette règle a été supprimée. Depuis, il n'y a plus de critère de taille minimum pour devenir gendarme, que l'on soit un homme ou une femme. Cette décision a été prise pour ne plus pénaliser des candidats compétents et sportifs qui ne remplissaient pas ce critère physique autrefois obligatoire.
Désormais, ce sont les tests sportifs et les aptitudes médicales globales qui comptent lors du recrutement.
L’uniforme et la tenue gendarmerie femme
L'uniforme de la femme dans la gendarmerie a beaucoup évolué pour s'adapter aux contraintes du terrain tout en respectant la morphologie féminine. À l'origine, les tenues étaient très proches de celles des hommes, ce qui n'était pas toujours confortable.
Aujourd'hui, la tenue gendarmerie femme est complète et moderne :
- Le pantalon gendarmerie femme : il existe des coupes spécifiques adaptées aux femmes. Ce pantalon de service est à la fois résistant et souple, permettant une grande liberté de mouvement lors des interventions ou des patrouilles.
- Le haut : le polo de gendarmerie est unisexe mais disponible en petites tailles pour s'ajuster correctement. En hiver, les femmes disposent de parkas et de polaires coupe-vent.
- Les chaussures : ce sont des chaussures d'intervention (rangers) identiques à celles des hommes, choisies pour leur robustesse.
- La tenue de cérémonie : pour les prises d'armes, les femmes peuvent porter une jupe ou un pantalon, avec une vareuse ajustée.
L'objectif de la tenue de la gendarmerie actuelle est de garantir que chaque militaire puisse porter son équipement de protection (gilet pare-balles, ceinture de dotation) de manière efficace et sécurisée.

Les missions quotidiennes de la femme gendarme
Au quotidien, une femme gendarme effectue exactement les mêmes missions que ses collègues masculins. Sur le terrain, la mixité est un atout majeur. Lors de certaines interventions, comme les violences intrafamiliales ou les fouilles de personnes féminines, la présence d'une femme est juridiquement obligatoire ou humainement préférable.
Les femmes sont présentes dans :
- La gendarmerie départementale : au contact direct de la population.
- La gendarmerie mobile : pour le maintien de l'ordre (manifestations).
- La gendarmerie de l'air ou maritime : pour des missions spécialisées.
- La recherche : au sein des Brigades de Recherches (BR) pour les enquêtes judiciaires.
La place de la femme gendarme a parcouru un chemin impressionnant depuis 1983. De l'anonymat des bureaux au grade de femme général gendarmerie, elles ont prouvé leur valeur dans toutes les situations. Avec la suppression de la taille minimum gendarmerie femme, l'institution continue de s'ouvrir à tous les profils.
Aujourd'hui, avec un pourcentage de femmes dans la gendarmerie dépassant les 20 %, la gendarmerie est un modèle de mixité. Que ce soit en portant le pantalon gendarmerie femme sur le terrain ou en rejoignant les rangs de l'élite au GIGN, les femmes sont indispensables à la sécurité des Français. L'uniforme gendarmerie femme est désormais le symbole d'une carrière accessible, dynamique et respectée.